La sagesse ayurvédique pour prodiguer la guérison à tous les niveaux

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La sagesse ayurvédique pour prodiguer la guérison à tous les niveaux

Sagesse ayurvédique

La sagesse ayurvédique pour prodiguer la guérison à tous les niveaux

L’Āyurveda tire ses origines dans la littérature Védique ancienne.  C’est un mot Sanskrit, dérivé de deux racines : āyur, qui signifie « vie », et veda, qui signifie « connaissance ».  La Science, selon les anciens, est la connaissance arrangée de façon systématique et logique, et au cours du temps, l’Āyurveda s’est fait connaître comme la science de la vie – une science si vaste qu’elle englobe notre être tout entier : corps, mental, et esprit.

Comment sommes-nous arrivés à être

La littérature ayurvédique est basée sur la philosophie du Samkhya, qui nous dit que chaque être humain est une création du cosmos – la pure conscience – sous la forme de l’énergie mâle, appelée Purusha, et de l’énergie femelle, Prakriti.  Purusha est la conscience passive et sans choix ; Prakriti est la conscience active et pleine de choix.  Purusha ne prend pas part à la création ; Prakriti est la volonté divine créatrice.  Prakriti crée toutes les formes de l’univers tandis que Purusha est le témoin de sa création.

Prakriti est l’énergie physique primordiale contenant les trois attributs, ou gunas, que l’on trouve dans toute la nature (le cosmos évolutif).  Les gunas sont sattva (l’essence), rajas (le mouvement), et tamas (l’inertie).  Ceux-ci sont les fondations de toute l’existence.  Ils sont contenus en équilibre dans Prakriti, mais quand cet équilibre est perturbé, les gunas commencent à interagir, engendrant donc l’évolution de l’univers.

La première manifestation de Prakriti est l’Intelligence Cosmique.  De mahad, l’ego (ahamkara) est formé.  L’ego se manifeste ensuite à travers les cinq sens (tanmātrās) et les cinq organes moteurs, avec l’aide de sattva, créant ainsi l’univers organique.  Le même ego se manifeste plus avant à travers les cinq éléments de base (bhūtas) avec l’aide de tamas, pour créer l’univers inorganique.  Rajas est la force de vie active dans le corps qui bouge à la fois les univers organique et inorganique en sattva et tamas, respectivement.  Ainsi sattva et tamas sont des énergies potentielles inactives qui ont besoin de la force cinétique active de rajas afin de pouvoir se manifester.

Le jeu de la personnalité

Il existe une interaction constante entre sattva, rajas, et tamas dans chaque conscience individuelle, et la prédominance relative de l’un ou l’autre est responsable des différences au niveau des dispositions psychologiques et morales.  Les qualités sattviques, par exemple, se manifestent sous forme de conscience, pureté, et clarté de perception, qui en retour créent bonté et bonheur.  Les gens chez qui les qualités sattviques prédominent sont religieux, aimantes, compatissantes, et ont l’esprit pur.  Suivant la vérité et la droiture, elles ont de bonnes manières, habitudes, et conduites.  Elles ne se fâchent pas facilement ni ne se mettent en colère.  Bien qu’elles travaillent dur mentalement, elles n’éprouvent pas de fatigue mentale.  Elles sont fraîches, alertes, conscientes, et emplies de désir, sagesse, joie et bonheur.

Mouvement et énergie sont dus à rajas, et cela mène à une vie de plaisir sensuel, de plaisirs et de douleurs, d’efforts et d’agitation.  Les personnes chez qui les qualités rajasiques prédominent sont égoïstes, ambitieuses, agressives, fières, et compétitives, et ont une tendance à contrôler les autres.  Elles aiment le pouvoir, le prestige, et le prestige de la position, et sont perfectionnistes.  Elles sont des personnes qui travaillent dur, mais manquent de direction.  Elles manquent d’ancrage, sont actives, et agitées.  Emotionnellement, elles sont en colère, jalouses, et ambitieuses, mais le succès ne leur apporte pas la joie.  Elles ne sont pas vraies face à leur conscience intérieure.  Leurs activités sont centrées sur elles-mêmes et égotiques.

Tamas est caractérisé par l’obscurité, l’inertie, la lourdeur, et les attitudes matérialistes.  Les personnes chez qui les qualités tamasiques prédominent sont moins intelligentes que les autres.  Elles ont une tendance à la dépression et à la paresse, et dorment trop.  Le travail mental les fatigue facilement.  Elles aiment les jobs avec peu de responsabilités ; elles aiment manger, boire, dormir, et le sexe.  Elles sont avides et gourmandes, possessives, attachées, et irritables, et ne se préoccupent pas des autres.  Il est difficile pour elles de focaliser leur mental durant la méditation.

Le rôle des Doshas

S’ajoutant aux qualités mentales, il y a trois humeurs biologiques (doshas) – vāta, pitta, et kapha – qui gouvernent tous les changements psychologiques et physiopathologiques dans le corps ; elles sont présentes dans chaque organe et tissu cellulaire.  L’éther et l’air constituent ensemble vāta ; le feu et l’eau, pitta ; l’eau et la terre, kapha.

Bien que vāta, pitta, et kapha soient présent dans chacun de nous, ils se manifestent dans des proportions différentes dans chaque individu.  Par exemple, il existe basiquement 7 typologies corporelles : les typologies simples ou uniques (quand soit vāta, pitta, ou kapha sont prédominants), les typologies doubles (vāta-pitta, pitta-kapha, ou vāta-kapha) ; et les typologiques tridoshiques (quand vāta, pitta, et kapha sont présents dans des proportions égales).  L’équilibre des doshas est aussi affecté par la prédominance de sattva, rajas, ou tamas dans chaque constitution individuelle.

Vāta est léger, mobile, actif, clair, astringent, et dispersant.  Il en découle que les personnes vāta auront les cheveux secs, la peau sèche, le côlon sec, et une tendance naturelle à la constipation.  A cause de la qualité légère de vāta, elles auront un corps et une charpente légers, et seront minces avec un poids au-dessous de la normale.  La qualité froide se manifeste par les mains froides, les pieds froids, et une mauvaise circulation.  Parce que vāta est mobile, les typologies vāta sont très actives.

Pitta possède les qualités chaude, tranchante, légère, liquide, acide, huileuse, et expansives, et s’il y a un excès de pitta, elles se manifesteront.  Pitta est chaud, et les personnes pitta auront un appétit fort et une peau chaude.  Pitta est aussi tranchant ; la personne pitta possède un nez fin/pointu, des dents fines et pointues, des yeux fins et perçants, et un mental obtus.  Elles utilisent des mots tranchants.  Elles ont une mémoire très aiguisée.  A cause de la qualité huileuse, elles ont une peau douce, chaude et huileuse, des cheveux raides et gras, et leurs fèces sont grasses et liquides.  Pitta est léger, et à cause de cela les personnes pitta ont une carrure moyenne.  Elles n’aiment pas la lumière vive.

Kapha est lourd, lent, froid, huileux, liquide, dense, épais, statique, et embrumé.  Ceux qui possèdent une prédominance de ce dosha auront des os et muscles lourds, de la graisse, et auront tendance à prendre facilement du poids.  Ils auront un métabolisme et une digestion lents, une peau froide et moite, des cheveux épais et ondulés, et de grands et magnifiques yeux.  A cause de la qualité lente, les personnes kapha marchent et parlent lentement.  Elles n’aiment pas le jogging, ni les sauts, mais aiment juste s’asseoir et ne rien faire.

La constitution individuelle (Prakriti) est déterminée au moment de la conception par les différentes permutations et combinaisons de vāta, pitta, et kapha.  Chaque être humain est une entité unique.  La semence masculine (spermatozoïde) et l’œuf féminin (ovule) transportent en eux la constitution des parents, mais au moment de la fécondation, le facteur dominant dans le spermatozoïde peut soit neutraliser les attributs faibles ou exagérer les attributs excessifs de l’ovule.  Par exemple, un spermatozoïde d’une constitution vāta forte peut inhiber certaine des caractéristiques kapha dans l’ovule.  Les qualités sèche, légère, rugueuse, et mobile de vāta supprimeront les qualités huileuses, lourdes, lisses et stables de kapha.  Parce que vāta et kapha sont tous deux froids, cette qualité sera exacerbée dans le fœtus et le bébé sera sensible au froid.  L’enfant dans ce cas héritera d’une constitution vāta-kapha.  D’un autre côté, si le spermatozoïde et l’ovule sont tous deux vāta, la progéniture héritera d’une constitution vāta.

Tomber en déséquilibre

Selon l’Āyurveda, la santé est un état d’équilibre entre le corps, le mental et la conscience, ainsi qu’un état d’équilibre intérieur entre vāta, pitta, et kapha.  Le corps lui-même comprend les 3 humeurs (doshas), les 7 tissus (dhātus : plasma, sang, muscle, graisse, os, tissu nerveux, et organes reproducteurs), les 3 déchets (malas : fèces, urine, et sueur), et le feu digestif ou énergie du métabolisme (agni).  La maladie est une condition de déséquilibre dans l’un ou l’autre de ces éléments.  En d’autres mots, la racine de la maladie est une aggravation d’un ou de plusieurs doshas – vāta, pitta, kapha – qui peut survenir d’une large variété de causes, et une fois aggravé, les doshas commencent à s’accumuler dans leur site respectif : vāta dans le côlon, pitta dans l’intestin grêle, et kapha dans l’estomac.  Si le déséquilibre persiste, l’accumulation de dosha déborde de son site originel et se répand à travers le corps, entrant dans les tissus qui sont déjà affaiblis, en y créant une lésion.  Finalement, les changements pathologiques se manifestent dans l’organe affecté – ou même dans le système entier.

Selon l’Āyurveda, il y a 7 causes majeures à la maladie : facteurs héréditaires, congénitaux, internes, externes, saisonniers, liés à des habitudes, ou encore à des événements surnaturels.  La maladie peut aussi résulter d’une sous-utilisation, surutilisation, ou d’une non-utilisation des sens (ouïe, toucher, vue, odorat, goût).  La maladie elle-même peut être décrite par le nombre de doshas impliqués, le tissu spécifique affecté, la qualité ou la combinaison de qualités qui aggravent le(s) dosha(s), si la maladie est primaire ou secondaire, la force de l’aggravation, et la durée depuis laquelle la maladie se manifeste.

Il existe de nombreuses pathologies héréditaires reconnues, telles que les tendances ou les prédispositions à un problème spécifique, ou même à certaines « anormalités ».  Les causes congénitales incluent le style de vie de la mère, son alimentation, ses habitudes, ses activités, ses émotions, et les relations qui peuvent affecter le fœtus.  Les conditions internes telles que les ulcères ou un foie endommagé peuvent être causées par la surutilisation du sens du goût (trop d’aliments épicés et chauffants par exemple).  Les traumas externes qui peuvent affecter les doshas sont des actions violentes telles que des accidents de la route ou des blessures par balle.

Les causes saisonnières de la maladie sont généralement moins directes.  Par exemple, l’été est lumineux, léger, et chaud ; c’est la saison pitta.  L’automne est froid, venteux, et sec ; c’est la saison vāta.  L’hiver est froid, venteux, et humide, une saison kapha.  Le printemps est à la fois kapha et pitta.  Le début du printemps est frais et humide – kapha – et ensuite le printemps devient pitta.  Quelle que soit la constitution individuelle, les doshas impliqués seront aggravés durant la saison correspondante. Par exemple, les personnes vāta ont une tendance à la constipation, la sciatique, l’arthrite, et au rhumatisme durant l’automne.  Les personnes pitta pourront développer de l’urticaire, des éruptions cutanées, de l’acné, des désordres biliaires, de la diarrhée, ou de la conjonctivite en été.  Les personnes kapha ont une tendance aux rhumes, à la toux, à la congestion, aux éternuements, et aux troubles des sinus liés à kapha durant le printemps.

Les tendances naturelles telles que la surconsommation de nourriture, une diète inappropriée, et le fait de fumer, peuvent également être un problème.  Les causes surnaturelles incluent les coups de soleil, la lumière, et l’influence des planètes sur le corps.  Les maladies peuvent aussi résulter d’un déséquilibre émotionnel ; colère, peur, anxiété, chagrin, ou tristesse profondément ancrés et non résolus peuvent aussi affecter les doshas.

Diagnostiquer la maladie

Parmi les nombreuses techniques de diagnostic des processus de la maladie, on retrouve l’art d’interpréter le pouls, la lecture de la langue, ainsi que l’examen des urines.  Il y a trois types basiques de pouls (vāta, pitta, et kapha) et chacun d’eux possède des caractéristiques qui peuvent être reconnues dans les 12 pouls radiaux différents.  Parmi ceux-ci, six sont de chaque côté – trois superficiels et trois profonds.  Il y a une relation entre ces pouls et les organes internes, et à travers eux les doigts peuvent sentir la force, la vitalité, et le tonus physiologique de leurs organes respectifs.

L’examen de la langue est un autre art ayurvédique ancien.  Cette technique se base sur les motifs caractéristiques qui révèlent l’état fonctionnel des organes internes.  Parce que la langue est le miroir des viscères, elle reflète de nombreuses conditions pathologiques qui peuvent être vues en observant simplement la surface de la langue.  Certains de ces motifs sont illustrés dans les diagrammes joints.

Une décoloration et/ou une sensibilité dans une zone particulière de la langue indique un trouble dans l’organe correspondant à cette zone.  Une langue blanchâtre indique un dérangement kapha et une accumulation de mucus ; une langue de couleur rouge ou jaune-vert indique un dérangement pitta ; et une coloration noirâtre à brunâtre indique un dérangement vāta.  Une langue déshydratée est symptomatique d’une diminution de plasma (rasa dhātu), tandis qu’une langue pâle indique une diminution des globules rouges (rakta dhātu).

Les médecins ayurvédiques procèdent aussi à l’examen des urines afin de comprendre les déséquilibres doshiques dans le corps.  Les fluides corporels tels que le sang (rakta) et la lymphe (rasa) servent à évacuer les déchets (malas) des tissus qui les produisent.  Le système urinaire évacue l’eau (kleda), le sel (kshar), et les déchets azotés (dhātu malas) du corps.  Il aide également à préserver la concentration normale d’eau (apa dhātu) et d’électrolytes dans les fluides corporels, et à réguler leur volume.  De cette façon, l’urine joue un rôle dans le maintien de l’équilibre entre vāta, pitta, et kapha.

Pour un examen clinique des urines, prenez un récipient propre et récoltez l’urine du matin (au milieu du jet).  Observez la couleur.  Si elle est noirâtre-brunâtre, cela indique un trouble vāta ; si la couleur est jaune foncé, un trouble pitta.  Quand il y a constipation, ou si le corps n’a pas absorbé suffisamment d’eau, l’urine pourra également être jaune foncée.  Si l’urine est trouble, il y a un trouble kapha.  Une urine rouge indique un trouble du sang (rakta).

Une urine normale possède une odeur typique d’urée ; une odeur infecte indique la présence de toxines (āma dosha) dans le système.  Une urine acide, créant une sensation de brûlure, indique un excès de pitta.  Une odeur douce (sucrée) de l’urine indique une condition diabétique, et le sujet peut avoir la chair de poule sur la surface de la peau quand il urine.  De petits cailloux indiquent la présence de pierres dans le canal urinaire.

Rétablir l’équilibre

Comprendre le caractère unique de l’individu est la base de l’art de la guérison, et donc, selon l’Āyurveda, nous devons comprendre la qualité exacte, la nature, et la structure de la maladie afin de restaurer la santé.  Le corps possède une intelligence propre, qui crée l’équilibre dans le système, et l’Āyurveda favorise ce processus.  Tous les traitements ayurvédiques essaient d’établir un équilibre entre vāta, pitta et kapha.  Cela peut être effectué de deux façons : élimination des toxines, et neutralisation des toxines ; et les deux méthodes sont efficaces aussi bien au niveau émotionnel que physique.

Se libérer des émotions

La colère, la peur, l’anxiété, la nervosité, la jalousie, la possessivité, et l’avidité (avarice) sont des émotions humaines communes.  Notre culture tend à les percevoir comme négatives ; aussi, de nombreuses personnes ont appris durant leur enfance à ne pas les exprimer.  Il en résulte que nous commençons à réprimer les expressions naturelles de ces sentiments très jeune.  L’Āyurveda nous enseigne que ces émotions doivent être libérées, parce que si elles sont réprimées, elles causeront des déséquilibres qui créeront des toxines responsables de maladies à venir.

La technique ayurvédique permettant de faire face à la négativité est l’observation et la libération.  Par exemple, quand la colère monte, soyez-en complètement conscient ; regardez cette émotion en face, de son émergence à son apaisement.  De cette observation, cherchez à en apprendre davantage sur la nature de la colère, et ensuite laissez-la partir.  Libérez-la.  Toutes les émotions peuvent être traitées de la même façon.

La peur est associée à vāta ; la colère à pitta ; et l’avidité, l’envie, et la possessivité à kapha.  Si la peur est réprimée, les reins seront perturbés ; si la colère est réprimée, le foie sera affecté ; si l’avidité et la possessivité sont réprimées, le cœur et la rate seront touchés.

Nettoyer

Les toxines sont aussi produites quand un dosha aggravé affecte le feu digestif (agni), ce qui ensuite affecte la digestion, le métabolisme, et l’assimilation.  Cela veut dire que des aliments non digérés, non absorbés, et non assimilés, restent dans le corps sous forme d’āma, une substance morbide, non-homogène et collante qui adhère aux tissus, obstrue les canaux, et crée de la toxicité.  Il pénètre dans le sang, et crée une toxémie, l’une des causes profonde de la maladie.  La racine de l’apparition d’āma, à son tour, est l’aggravation de dosha attaquant agni (le feu digestif), aboutissant à une digestion perturbée et un métabolisme bas et lent.

L’objectif du nettoyage (shodan) est d’enlever l’excès de doshas et āma du corps.  Cela inclut les procédures initiales (purvakarma) qui déplacent les doshas et l’āma de leurs sites profonds dans le corps vers les endroits où ils pourront alors être éliminés.  Les cinq actions (pañchakarma) les éliminent ensuite à travers la thérapie vomitive (vaman) pour enlever les impuretés excessives d’origine kapha ; à travers la thérapie de purgation (virechan) pour enlever les excédents de pitta ; à travers la thérapie de lavement (basti) pour enlever les excédents de vāta ; à travers l’administration de certaines poudres de phytothérapie, d’huiles médicinales et de ghee dans le nez (nasya) pour purifier le prāna, le mental, et la conscience ; et enfin à travers la thérapie de la saignée ou nettoyage du sang (rakta-moksha) en combinaison avec certaines herbes et plantes.

Neutraliser les toxines

Il existe 7 façons de neutraliser les toxines (shamana), qui équilibrent et pacifient les doshas corporels : attiser le feu digestif (dipan), brûler l’āma toxique (pachan), le jeûne (kshud-nigraha), l’exposition au soleil (atap-seva), et la respiration (pranayama).

Shamana est tout d’abord une méthode spirituelle de purification ; ceux qui ne sont pas suffisamment forts physiquement pour supporter un pañchakarma, de même que ceux qui souffrent de problèmes émotionnels, sont de bons candidats pour cette thérapie.  Tout problème pitta, vāta, ou kapha chronique qui affecte soit le système immunitaire, soit le feu digestif (agni) est indiqué pour shamana.  Shamana peut être pratiqué également par les personnes en bonne santé parce qu’elle a des aspects curatifs mais aussi préventifs.

La première mesure shamana est d’attiser le feu corporel afin de brûler les toxines accumulées.  Ceci est absolument nécessaire pour les troubles kapha et vāta, particulièrement si le sujet possède un feu digestif bas.  Prendre certaines plantes en interne, dans des proportions spécifiques, avec du miel, permettra d’y arriver.  Pipali, gingembre, cannelle, poivre noir, et chitrak, entre autres, aideront à attiser le feu.  Se concentrer sur le plexus solaire attisera également agni, aidant à brûler les toxines dans les corps physique, subtil et causal.  Cette technique est très efficace pour les types kapha et vāta, mais elle devrait être effectuée avec une grande prudence chez les types pitta.

Les toxines peuvent être brûlées (pachan) en consommant des tisanes faites de certaines plantes et herbes, comme le trikatu, chitrak, cannelle, gingembre, cumin, coriandre, et fenouil, dans des proportions bien définies.  Toutes ces tisanes d’épices devraient être utilisées après les repas de sorte que la nourriture puisse être correctement assimilée.  La concentration, la méditation, et la contemplation peuvent également améliorer pachan.

En cas de fièvre aigüe, d’indigestion sévère, de dysenterie aigüe, et de diarrhée, l’Āyurveda suggère de jeûner (kshud-nigraha).  Dans un jeûne normal, le sujet peut manger de petites quantités de pomme cuite avec du ghee, ou de riz basmati avec du mung dal (haricots mungo) et du ghee (kichari), ou juste du yaourt et du riz.  Mais dans les cas de fièvre aigüe, de diarrhée aigüe, et de dysenterie, il est mieux de ne rien manger durant plusieurs jours.  Cela attisera agni et brûlera les toxines.

Observer la soif (trut-nigraha) signifie ne pas boire d’eau.  Cela peut être très important lorsque l’on est face à certains troubles kapha dans lesquels trop d’eau est retenue dans le système.  L’Āyurveda nous recommande de ne pas donner d’eau, par exemple, dans les troubles des reins comme l’œdème, ou dans certains troubles urinaires.  Observer la soif ne doit pas être confondu avec un jeûne à l’eau – qui consiste à ne boire que de l’eau.  Observer la soif signifie ne pas boire du tout.

Ensuite vient l’exercice (vyayama) – les étirements du yoga en particulier.  L’exercice ici signifie étirer les muscles dans certaines directions, et se fixer un objectif qui ne peut être atteint que par l’effort.  L’effort crée un stress physique, ce qui en retour attise le feu.  L’Āyurveda nous dit que les exercices améliorent la circulation, accélèrent la fréquence cardiaque, augmente la combustion des calories, stimule le métabolisme, régule la température corporelle, et maintien le poids corporel.  De plus, ils maintiennent les sens attentifs et en alerte, et le mental aiguisé.  Une activité physique adéquate est un magnifique art de shamana.

L’Āyurveda recommande certains exercices pour chaque constitution individuelle.  L’important siège de vāta, par exemple, est la cavité pelvienne, ainsi tout exercice qui étirera les muscles pelviens sera approprié.  Ainsi, les flexions avant, les extensions du bassin, les torsions vertébrales, la posture du cobra, la posture du chameau, les postures inversées sur les épaules, et la posture de la charrue aideront à faire bouger vāta dans une direction apaisante.  Nager est aussi excellent pour les personnes vāta, mais le jogging l’est moins.

Le siège important de pitta est le plexus solaire, ainsi tout exercice qui étirera les muscles adjacents sera efficace.  La posture du poisson, du bateau, du chameau, de la sauterelle, et de l’arc aideront à calmer pitta.  Nager est également aussi bon pour pitta que pour vāta.

Le siège important de kapha est la poitrine, aussi les exercices qui étireront cette zone seront efficaces.  Cela inclut les postures inversées sur les épaules, la posture de la sauterelle, la posture de la charrue, la posture du chat, de la vache, et de l’arc.  Tout ceci améliore la circulation de kapha dans la cavité pulmonaire.  Le jogging est bon pour kapha, mais les personnes kapha n’aiment pas faire du jogging.  La randonnée en montagne est aussi bonne pour les personnes kapha, mais, encore, elles n’aiment pas les randonnées.

S’allonger au soleil (atap-seva) est une autre forme ancienne de shamana, puisque le soleil est la source de chaleur et de lumière aussi bien que la source de conscience supérieure.  Les personnes à prédominance pitta peuvent s’exposer au soleil si elles appliquent certaines huiles (bloquant les rayons solaires) pour réduire leur exposition, mais elles ne devraient pas le faire plus de 30 minutes.  Les personnes vāta peuvent s’allonger au soleil pour environ une heure.  Les personnes kapha peuvent s’allonger au soleil pour plus d’une heure.  Si vous prenez les précautions nécessaires, s’allonger au soleil et méditer sur le plexus solaire est une excellente mesure de shamana pour kapha et vāta.  Cela améliore la circulation, favorise l’absorption de vitamine D, et renforce les os.

Cependant, aujourd’hui, s’allonger au soleil peut être dangereux, à cause du fait que l’ionosphère et la couche d’ozone ont été endommagées, conduisant à un excès de radiation (rayons ultraviolets) arrivant sur terre.  Cela aggrave bhrājaka-pitta sous la peau, et cela peut conduire à un cancer de la peau.  Les personnes présentant de nombreux grains de beauté ne devraient pas s’exposer au soleil.  S’exposer à la lumière lunaire est excellent pour réduire pitta.

La dernière mesure de shamana est la respiration.  Il existe de nombreux types différents d’exercices respiratoires (pranayama), et il existe une science du souffle totalement différente qui peut être étudiée auprès d’un professeur expérimenté.  Mais tous devraient pratiquer certains exercices de respiration par les deux narines appropriés.  L’un de ces exercices consiste à s’asseoir calmement, inspirer profondément par une narine, en faisant entrer l’air jusqu’au bas de l’abdomen, et ensuite lentement expirer par la narine opposée ; répéter de l’autre côté, et continuer, en alternant les côtés.  Cela s’appelle le pranayama alterné par les deux narines, et comme toutes les formes de shamana, il aidera à apporter l’équilibre au mental, au corps, et à la conscience.

Le résultat final

Comme nous avons pu le voir donc, l’Āyurveda nous donne un aperçu de ce qui peut amener santé et harmonie dans notre vie quotidienne.  Il peut également apporter la longévité et la paix spirituelle.  C’est un art de guérison total ; de par la compréhension de ces principes de base, de par la compréhension de sa propre constitution, et de par la compréhension de l’exacte nature et structure de l’aggravation doshique, il est possible d’atteindre l’harmonie et l’équilibre en suivant les lignes de conduite appropriées.  De cet équilibre découle le plus haut état de tranquillité.

Texte traduit de l’anglais, du Dr Vasant Lad, qui est un médecin indien ayurvédique et allopathique renommé.  Il est le fondateur de l’Ayurvedic Institute à Albuquerque, New Mexico, et l’auteur de nombreux livres.  Visitez le site www.ayurveda.com pour plus d’informations.

Veuillez noter que les conseils donnés dans cet article n’ont qu’un but d’information.  Avant de les appliquer, tout ou en partie, il est vivement conseillé d’aller consulter un praticien ayurvédique expérimenté qui pourra adapter ses conseils à votre personnalité propre.

Dimitri La Penna
Praticien ayurvédique & énergétique
Professeur de Yoga

Espace Ayurvédique Shanti
Rue de la Citadelle 124
7500 Tournai
www.espaceshanti.be
dimitri@espaceshanti.be
+32.497.73.40.49

Ressources

Si vous voulez en apprendre plus sur l’Āyurveda, les livres suivants vous seront utiles :

  • Ayurveda: The Science of Self Healing.By Dr. Vasant Lad. Lotus Press, 1985.
  • Ayurvedic Cooking for Self-Healing. By Usha Lad and Dr. Vasant Lad. The Ayurvedic Press, 1994.
  • Ayurvedic Healing: A Comprehensive Guide.By Dr. David Frawley, O.M.D. Passage Press, 1989.
  • Prakruti: Your Ayurvedic Constitution. By Dr. Robert E. Svobada. Geocom, 1989.
  • The Yoga of Herbs: An Ayurvedic Guide to Herbal Medicine.By Dr. David Frawley and Dr. Vasant Lad. Lotus Press, 1988.
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